« Nous faisons tous partie d’une communauté »

C.-B., Burnaby, Voiciquinoussommes

2021-02-26 09:20 HNP

« Ma sœur, qui est infirmière, a eu un patient qui était agent retraité de la GRC. Elle lui a parlé de moi, et il lui a recommandé de m’encourager à faire carrière dans les services de police. Mais en tant que petit frère, je ne voulais rien savoir des conseils de ma grande sœur, j’étais vraiment têtu », raconte aujourd’hui le gendarme Kenneth Mugisha en riant. « Ce n’est qu’un an plus tard que j’ai finalement décidé de soumettre ma candidature. »

Le gend. Mugisha n’a pas toujours songé à devenir policier. Dans sa vie, il a suivi de nombreux parcours très différents. « Je voulais être médecin comme mon père, mais j’ai réalisé que c’était beaucoup d’études. J’ai toujours préféré être actif plutôt que de rester à l’intérieur. Pendant longtemps, je ne pensais pas vraiment à ce que j’allais faire. Puis, parce que je respecte la profession, j’ai voulu devenir enseignant. J’ai commencé mes études en enseignement à Kwantlen. » Ce qui l’a découragé, c’était de sentir que les enseignants ne recevaient pas le respect qu’ils méritaient même s’ils exercent une profession très importante en éduquant nos jeunes.

Photo du gend. Mugisha en uniforme.

Le gend. Mugisha a eu une enfance tout ce qu’il y a de plus normale à Surrey (C.-B). Il est le cadet d’une famille de quatre enfants et il a trois sœurs. Même si ses parents ont immigré de l’Ouganda au Canada dans les années 1970, les Mugisha étaient, dans les années 1980, la seule famille noire à vivre dans le quartier Panorama Ridge de Surrey. Ses parents ont inculqué les valeurs traditionnelles à leurs enfants et leur ont donné un foyer rempli d’amour, mais les méthodes d’éducation du père du gendarme Mugisha ont profondément influencé son fils. « Mon père a toujours dit qu’il faut travailler fort. Il disait toujours aussi on ne s’arrête pas quand on est fatigué, on s’arrête quand le travail est terminé. Il ne faut pas abandonner une tâche. »

Selon le gend. Mugisha, son père était toujours prêt à expliquer à ses enfants pourquoi ils devaient terminer ce qu’ils commençaient. « Quand je ne voulais pas faire mes tâches, mon père me disait que nous vivions en communauté. Nous sommes une communauté, nous nous entraidons. » Le gend. Mugisha porte toujours en lui cette notion de communauté dans le cadre de son travail.

Au départ, le gend. Mugisha a assisté à une séance d’information du service de police de Vancouver au Justice Institute, mais il ne voulait pas se limiter à une seule organisation, donc il a aussi assisté à une présentation sur les carrières au sein de la GRC. Il a assisté aux deux présentations à de multiples reprises, a visionné toutes les vidéos de recrutement et a longuement discuté avec les agents de recrutement. Il aimait ce que la police représentait à l’égard des valeurs fondamentales, un travail qui était un parfait exemple d’honnêteté, d’intégrité, de compassion et de respect.

Entre-temps, le gend. Mugisha consacrait son temps à faire du bénévolat. Pendant deux ans, il a travaillé plusieurs heures par semaine comme bénévole à la Banque alimentaire de Surrey, où il distribuait de la nourriture à des membres de la collectivité et où il a compris ce que vivaient les gens dans le besoin. Il a décrit cette expérience comme une révélation qui lui a permis de mieux connaître les gens de sa collectivité.

Le gend. Mugisha a aussi fait du bénévolat pour le compte du bureau de police communautaire de Kitsilano. Il a discuté avec de nombreuses personnes différentes et il les a orientées vers une multitude de services. Au fil de cette expérience, il a pu observer le fonctionnement des services de police et les différentes raisons qui amènent les gens à se fier à la police pour tout ce qui touche les services aux victimes, la fraude et les crimes contre les biens. Il a également fait des patrouilles à pied, de la surveillance de quartier, des vérifications de téléphones cellulaires et de l’application des règlements de la circulation.

Toutefois, c’est durant une patrouille en voiture avec un agent de la GRC de Surrey que le gend. Mugisha a su qu’il avait bien fait de choisir de faire carrière comme policier. Il connaissait l’agent en tant qu’ami, mais il a été surpris de l’observer dans son rôle de policier.

« Il traitait tout le monde avec respect. Mais il savait aussi comment agir en figure d’autorité. Nous avons répondu à un appel concernant un homme suicidaire, et l’agent a réussi à faire baisser la pression simplement grâce à la façon dont il s’adressait à l’individu. Il a appelé les services médicaux d’urgence, il a bien pris les choses en note, il savait vraiment comment faire son travail et je voulais suivre son exemple. »

Le gend. Mugisha a vu qu’il fallait montrer aux gens que nous voulons les aider lorsque nous arrivons chez eux alors qu’ils sont complètement désespérés, et qu’il fallait agir de manière à les aider ou leur donner des ressources pour les aider. « Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais, ce n’était pas le Far West, c’était plus une question d’essayer d’être patient et positif dans mes interactions avec des individus vulnérables afin de les aider. » Le gend. Mugisha est allé à la Division Dépôt en janvier 2019, une expérience qu’il a qualifiée de très positive. « Une chose qu’on ne vous dit pas, c’est à quel point on peut se sentir seul. » Et c’est ce sentiment de solitude qui l’a amené à se rapprocher de trois autres recrues noires. Il ajoute qu’il a parfois trouvé difficile de trouver l’inspiration lorsqu’il ne voyait pas d’autres personnes de la même communauté choisir de devenir agents de la GRC.

Photo du gend. Mugisha à la Division Dépôt lors de sa remise de diplôme de la GRC avec deux agents.

Selon le gend. Mugisha, la représentation est importante. « Ce n’est pas la réponse pour toutes les personnes noires. Mais je sais que le seul fait de porter l’uniforme est important et que les enfants doivent voir cela. Il y a un fossé entre la communauté africaine et la police. Ce n’est pas facile à changer, mais il faut montrer aux gens et tout particulièrement aux jeunes ce que nous pouvons accomplir. Ce que nous voyons aux États Unis, ce n’est pas ce qui se passe au Canada. Nous devons voir plus d’Afro Canadiens porter l’uniforme pour briser les stéréotypes et encourager plus de jeunes à faire carrière dans les services de police. »

« Je pense qu’être Noir au Canada, c’est génial, c’est important. Le Canada est une société multiculturelle », estime-t-il, en ajoutant que dans certains pays, la discrimination, le racisme et les préjugés sont exposés au grand jour.

« Cela ne veut pas dire que cette réalité n’existe pas au Canada. Ici, c’est de la discrimination indirecte », explique le gend. Mugisha. « Lorsque je me présente avec un agent blanc, les gens répondent à cet agent, même lorsque je suis l’enquêteur principal. Ils ne disent pas ouvertement qu’ils ne veulent pas avoir affaire à vous, ils se contentent de vous ignorer. Nous apportons tellement de choses, les médecins, les enseignants et les scientifiques noirs... il y a des personnes noires dans tous les domaines d’expertise, nous devons seulement reconnaître davantage leur valeur. »

« J’ai reçu un appel au sujet d’un vol qualifié dans un magasin. Il y avait un homme noir plus âgé qui était vraiment heureux de voir un agent noir. » C’est seulement en 1969 que le premier agent noir a fait son entrée à la GRC et a changé le visage de la police. Les choses n’ont jamais été faciles pour les policiers et les recrues qui ont subi de la discrimination sur leur parcours. Selon le gend. Mugisha, « il n’y a encore pas beaucoup de recrues noires qui se rendent au bout du processus pour une multitude de raisons, mais peut-être qu’ils ne savent même pas qu’ils ont cette possibilité. »

Le gend. Mugisha a passé les 18 premiers mois de sa carrière dans la GRC à Burnaby, à titre d’agent de première ligne, une expérience au cours de laquelle il a été exposé à tout. Les agents de première ligne sont souvent les premiers à arriver sur les lieux d’un incident, qu’il s’agisse d’un homicide, d’un incident de la route, d’un drame conjugal ou d’une introduction par effraction.

Photo du gend. Mugisha en uniforme.

Il dit que son travail de policier a été une expérience très positive, mais l’aspect dont il parle avec le plus d’enthousiasme est le sentiment de franche camaraderie et de communauté qui règne au détachement. « Je viens tout juste de joindre les rangs de la police et j’ai encore tellement de choses à apprendre, mais chaque fois que j’ai demandé de l’aide, il y a toujours eu quelqu’un pour me soutenir. J’ai vraiment l’impression que la police est une collectivité et que nous travaillons tous vers un but commun. »

Lorsqu’on lui parle du mouvement Black Lives Matter, le gend. Mugisha est aujourd’hui capable de voir le mouvement sous un angle unique. « Mon expérience maintenant que je suis policier a changé mon point de vue. Avant de devenir membre des forces de l’ordre, c’était facile pour moi, en tant que membre du public, d’avoir des attentes élevées envers les policiers en tenant pour acquis que nous sommes tous des experts en opérations tactiques. Nous sommes en fait des Canadiens ordinaires qui veulent servir leur pays et nous nous retrouvons dans des situations où nous devons rapidement prendre des décisions qui vont non seulement nous affecter pour le reste de nos vies, mais vous affecter vous aussi pour le reste de votre vie. »

Selon le gend. Mugisha, les policiers ont des centaines et des centaines d’interactions avec le public. « Je n’étais pas conscient de cela jusqu’à ce que ces attentes soient dirigées vers moi. Et maintenant, en tant que policier, lorsque je vois certaines choses et que les gens crient tout de suite au racisme ou à la brutalité policière, je prends vraiment le temps de poser un second regard sur la situation, car les médias ne nous montrent pas toutes les facettes d’un incident. La dernière chose que nous voulons est de rudoyer quelqu’un à cause de la couleur de sa peau. Nous voulons vraiment offrir des services à ces gens ou les orienter vers les ressources qui pourront les aider. »
 
« Je ne veux pas voir cela comme un sujet politique parce que nos vies comptent. Je ne veux pas diminuer la portée du mouvement Black Lives Matter, mais nos vies vont au-delà de ce moment de notoriété. Je vais être Noir pour le reste de ma vie. Ma fille sera Noire pour le reste de sa vie. Comme ma femme, comme mes sœurs. Le mouvement existe parce que les gens se sentent désaffranchis et ignorés, et cela devrait parler à tous les Canadiens. Toutes nos vies comptent, mais la communauté noire continue de se sentir désaffranchie. La représentation est extrêmement importante. »

« Je veux que tous les gens disent que nous pouvons aider. Le changement peut s’opérer beaucoup plus rapidement si nous travaillons dans le but de donner aux personnes noires l’occasion de changer les choses. Quelqu’un m’a donné ma chance, mais le reste dépendait de moi. C’est difficile d’entrer dans le jeu sans occasions. Je ne suis peut-être pas un exemple à suivre, mais lorsqu’un enfant me regarde et voit un agent qui le regarde, j’espère que cela l’inspire à croire qu’il peut faire cela, lui aussi. Nous ne devrions pas être limités dans nos occasions de changer les choses à cause de la couleur de notre peau. »

Pour le gend. Mugisha, tout ce qu’il a réussi à accomplir et à faire n’est pas perdu. « Mes expériences sont uniques à moi. Pour chacun de nous, la douleur est profonde, mais certaines douleurs sont encore plus profondes. On s’est adressé à moi en utilisant de nombreux termes péjoratifs, mais d’autres personnes subissent encore pire. Je suis chanceux d’être tout ce que je suis et d’avoir tout ce que j’ai. »

Grâce à ses expériences, il comprend maintenant mieux ce que son père a toujours dit : « Nous sommes une communauté, nous devons nous entraider. Nous avons peut-être différents parcours, mais nous devons nous respecter mutuellement. Si je peux trouver une façon de créer un lien avec les gens qui m’appellent pour avoir de l’aide, les traiter avec respect lorsqu’ils sont vulnérables, je sais alors que je fais mon travail. »
 
La GRC recherche des personnes qui ont un parcours unique et qui mettent à profit ces expériences dans leur travail. Si une carrière à la GRC vous intéresse, veuillez consulter notre page de recrutement pour obtenir de plus amples renseignements et savoir comment soumettre votre candidature : http://www.rcmp-grc.gc.ca/fr/carriere-policiere.


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Téléphone : 778-290-2929

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